Compagnie Le Sonart

David Chevallier

Sopranic Fantaisie – création 2017

Sopranic Fantaisie – création 2017

Création les 1 et 2 décembre 2017, à la Soufflerie, EPCC de Rezé.

Coproduction Lune de trois / la Soufflerie / Le Grand T

Dans son célèbre ouvrage posthume « Catatrix Sopranica », Georges Perec se saisissait du sujet de la cantatrice comme prétexte pour tourner en dérision les articles scientifiques.
Avec Sopranic Fantaisie, Anne Magouët et David Chevallier ne s’intéressent pas seulement au répertoire des sopranos – et plus généralement des chanteurs lyriques – mais aussi à leurs traits de caractère, leurs manies, leurs phobies, leurs rituels, bref, tout ce que le public ne voit pas, n’imagine pas.

Loin de la caricature, il s’agit de montrer l’humain qui se cache derrière l’artiste.

Le répertoire est constitué de compositions originales et d’airs pour soprano, relus et détournés par David Chevallier, habitué de ce type d’exercice.

Cet envers du décor est mis en texte par Pierre Senges, après catalogage d’anecdotes et de situations vécues

Anne Magouët : soprano, samples, cloches.
David Chevallier : guitares, théorbe, banjo, informatique musicale.
Afra Waldhor : comédienne

Mise en scène : Nicolas Bonneau
Textes et mise en forme : Pierre Senges
Scénographie : Gaëlle Bouilly
Costumes : Cécile Pelletier
Lumières et régie : Rodrigue Bernard

Logos

 

 

 

Note de mise en scène

« Lorsque David Chevallier m’a proposé de faire la mise en scène de ce projet, ce qui m’a attiré tout de suite, c’est le mélange entre sa musique élaborée, à la fois savante et populaire et le récit à la frontière du théâtre et de la fantaisie littéraire écrit par Pierre Senges.
Faire du théâtre musical, un théâtre qui parle de la musique en faisant de la musique.
J’ai pensé à Ionesco et sa Cantatrice chauve, et à toutes les possibilités qui sont offertes. Entre ton burlesque et tragique. Tragico comédie.

Pour jouer le rôle du professeur de chant et accompagner le guitariste David Chevallier et la soprano Anne Magouët, j’ai alors pensé pensé à Afra Waldhor, que j’avais vu jouer Raymond Carver avec une distance à la fois aristocrate et décadente, pour sa faculté à nous faire totalement croire au personnage, à le rendre crédible. La situation est en effet celle d’une cantatrice sur le retour, qui attend un dernier grand rôle tout en donnant des leçons exaltées et pleines d’anecdotes sur le milieu de la musique lyrique, à une élève qui finira par lui ravir ce rôle tant attendu.

Nous pénétrons alors dans les coulisses du métier de chanteuse, du monde de l’opéra. Quel est donc ce métier dont on ne retient généralement que les divas?
Quel en est le quotidien, quelles en sont les souffrances, les désirs, les plaisirs, les humiliations ?

La musique vient à la fois illustrer le cours de façon pratique tout en prenant la tangente, l’air de rien, pour nous emporter dans une rêverie musicale.

Pour donner une identité visuelle à la hauteur de l’enjeu musical, j’ai ensuite proposé à Gaëlle Bouilly, scénographe qui travaille sur la verticalité, les îlots de lumières et le dénuement, à Cécile Pelletier, costumière dont les propositions ajoutent toujours à la dramaturgie et à Rodrigue Bernard, créateur lumière aux propositions radicales, de m’accompagner.

L’idée est de construire un îlot sur la scène, une pièce qui soit l’endroit du cours de chant, une pièce de laquelle on peut sortir comme on sort de la situation théâtrale pour devenir observateur, comédien ou musicien dans une coulisse à vue, observant le jeu de l’autre, avant de regagner le ring.

L’enjeu sera de mêler habilement le texte et la musique, de les faire cohabiter de façon naturelle, de leur trouver un langage commun, en humour et émotion, références et récit. Un récit qui se lit comme une nouvelle délicieuse un jour de pluie, une nouvelle autrichienne, une cantate improvisée, une fantaisie délicieuse. »

Nicolas Bonneau